12 posts categorized "Musique"

06/12/2005

artistes, artisans et compagnons

DjembeSuite à la série de postings sur les amateurs de niveau professionnel, mais qui n'en ont pas encore officiellement le statut, j'ai reçu par email un commentaire bien sympa; Il est de Jean-Samuel Beuscart, sociologue ayant contribué à l'étude de l'Adami sur le P2P. Jean-Samuel nous propose un parallèle entre artistes, artisans et compagnons d'autant.

Commentaire reproduit ici avec son autorisation:

"J’aime beaucoup les posts sur la frontière entre amateurisme et professionnalisme ; l’interview (et tes commentaires) me semblent très pertinents. Je m’étais posé la même question en écrivant mon article sur les webradios : mais qu’est-ce qui fait que ces gens passent l’essentiel de leurs loisirs, voire plus quand ils n’ont pas de vie professionnelle, à quelque chose qui ne leur rapporte et parfois ne leur promet aucun revenu ?


Certains éléments de réponses se trouvaient dans les réflexions sur l’engagement, le développement d’une passion musicale, le plaisir de participer à un monde dont on était auparavant que spectateur. Mais il y avait aussi le côté « carte de visite » que tu évoques à plusieurs reprises : pour de nombreux contributeurs bénévoles, la participation à une webradio ou à une site amateur de musique est une compétence, objectivée par la qualité du site, et vendable sur le marché du travail.


On pourrait parler de formation par les œuvres (un peu à la manière des compagnons d’antan), ou un truc comme ça. L’ensemble de ces motivations d’engagement permet de créer des univers de production au final relativement stables et très efficients."

Jean-Samuel travaille actuellement sur une thèse sur "La construction du marché de la musique en ligne", bon courage JS:)

21/11/2005

Les nouvelles frontières entre musique et jeux vidéos PARTIE I

BlinkA découvrir cette semaine en deux parties, les nouvelles frontières de la musique et des jeux-vidéos. [extrait de mon potentiel probable futur livre, toutes les remarques pour l'améliorer sont les bienvenues...]

Le modèle de co-création de valeur implique de repenser les frontières du divertissement. En adoptant une approche centrée sur les usages du consommateur, l’espace concurrentiel change de nature. Des secteurs aujourd’hui isolés deviendront peut-être demain complémentaires. L’association par le client de deux produits est le principal critère pour appréhender l’environnement autour du produit. On emploiera le terme « d’environnement expérientiel » pour définir le produit ou service et tout ce que l’utilisateur souhaite lui associer pour compléter son expérience.

 

Le concept est représenté ici au format powerpoint:Download environnement_exprientiel.ppt

 

L’introduction du concept d’environnement expérientiel permet de mieux comprendre comment les secteurs de la musique et des jeux vidéos peuvent décupler leur valeur. En partant du point de vue du joueur par exemple, on peut se demander pourquoi on ne pourrait pas avoir accès aux mêmes artistes que d’habitude lorsqu’il s’agit de musique de jeux. En effet, pour lui, musique et jeux-vidéo font partie du même environnement expérientiel. Cette relation étroite entre l’expérience musicale et l’expérience ludique est matérialisée par la possession de musique par les joueurs : selon IDC, 51% des joueurs possèdent plus de 100 CDs, et 23% stockent plus de 1000 fichiers musicaux sur leur ordinateur.

 

Cette séparation entre deux univers industriels n’a de sens que si l’on part du point de vue des maisons de disques et des développeurs de jeux, deux univers longtemps distincts : les studios de développement fabriquaient leur propre musique, dans leurs propres locaux. Vous souvenez vous des jeux Super Nintendo, à la mélodie réalisée sur clavier Bontempi ? [1] Hors le rendu est devenu bien meilleur à partir du moment où les professionnels de la musique ont agrémenté les jeux[2].

 

A l’inverse, les maisons de disques bénéficient par là de nouveaux accès aux oreilles du public, au travers du temps passé devant la console de jeu : lorsqu’Electronic Arts a sorti son jeu de football Madden NFL 2004, tous les titres de la bande son ont été écoutés 700 millions de fois au cours des 6 premiers mois ![3]. L’un des groupes de cette bande son, Avenge Sevenfold, n’avait pas encore de contrat avec un label. Il a vendu 5000 albums dès la première semaine, fut remarqué par MTV, remplit les salles de concerts, et fut finalement signé par EMI Publishing et Warner.

 

Le titre « feeling this » du groupe international Blink 182 figurait également sur la bande son de Madden, en exclusivité. Pendant deux mois, les radios furent assaillit de demandes de diffusion du titre, et décidèrent sous la contrainte de diffuser le morceau avant sa sortie officielle. A ce jour, « Feeling this » est le single le plus vendu du groupe

To be continued mercredi 23...

[1] Source: John Hayase, Directeur du Development de Tiger Woods PGA TOUR 2004 chez Electronic Arts, pendant une conference pour l’université du Michigan, 1 Octobre 2003

[2] Il a également fallu attendre l’arrivé de nouveaux supports de jeu comme le CD ou le DVDrom, ou de nouvelles technologies d’encodage, pour que les professionnels de la musique puissent transposer leur travail dans le monde du jeu vidéo

[3] Soit plus que le titre américain numéro un des charts au cours de la même période, en nombre de passage à la radio ; source : the future of music, Berklee Press, p69

10/11/2005

De la diversification des revenus musicaux

AlisonmoyetTous les éléments permettant de personnaliser la relation avec l’univers musical de l’artiste sont valorisables : merchandising bien sûr, mais également partitions, paroles, interviews exclusives. Sur la plateforme en ligne Artistshare[1], le bassiste de jazz Todd Coolman propose à ses « gold members » qui ont payé 500 dollars d’inscription des « online customized private bass lessons », c’est-à-dire une expérience musicale unique car sur-mesure.

Sachant qu’un artiste américain gagne en moyenne 30 000 dollars par an[2], il suffit de 60 Gold members pour obtenir un salaire annuel équivalent, directement payé par les fans. Ces cours particuliers incluent des essais, des illustrations, des exercices écrits, des interviews avec des collègues de Coolman. Le dialogue est ouvert également avec l’artiste qui répond aux questions par email. Il propose enfin du contenu audio exclusif en streaming, et des vidéos de démonstration téléchargeables. Coolman personnalise au maximum la relation en inscrivant sur la pochette de son CD « Lessons in Jazz » le nom de ses « gold members », devenus producteurs d’un jour.

 

Todd Coolman illustre bien les différentes manières dont une expérience peut être personnalisée : en instaurant une relation personnelle, ou bien en mettant à disposition une multitude d’outils ou produits permettant de construire soi-même son expérience. Cette seconde stratégie est également source de revenus financiers additionnels. David Kusek et Gerd Leonhard de la Berklee school of Music prédisent qu’à horizon 2015 les revenus musicaux seront générés pour un tiers par le contenu, et deux tiers par les produits et services dérivés. Ainsi en septembre, les internautes américains amateurs de Depeche Mode on pu pré commander le nouvel album Playing the Angel sur iTunes ; cette réservation leur permettait d’être sûr de figurer parmi les premiers à réserver leur place sur Ticketmaster pour aller les voir en concert (source Ratiatum.com)

 

Depuis émergent sur le marché musical des acteurs différents, illustrant ce foisonnement d’offres répondant à une demande disparate d’expérience musicale. Ainsi la société anglaise Sanctuary PLC a-t-elle remporté un franc succès sur ce nouveau segment : non seulement l’entreprise propose l’organisation de concerts pour les artistes, mais également la création de vidéo clips, l’édition de musique, la publication de DVD ou de livres officiels.

Il s’agit également du plus gros producteur de musique indépendante d’angleterre, signant des artistes comme Kiss, The Strokes, Blondie ou Neil Young. Sanctuary group produit des DVDs pour Iron Maiden ou les Who. Il s’occupe également des réservations et de la logistique des concerts de Robbie Williams, Metallica, les Red Hot, Eminem ou encore Dido. L’année dernière, le groupe a géré plus de 7000 prestations live. Bravado, la branche merchandising, gère les produits dérivés de Christina Aguilera, Led Zeppelin, Oasis ou encore Beyoncé. En 1999, le groupe affichait 23 millions de livres de Chiffres d’affaires, pour atteindre 152 millions en 2003.

To be continued...extrait de mon futur peut etre probable livre V2.0...

[1] Artistshare.com

[2] The future of music p108, sur les 273000 artistes travaillant aux USA

12/10/2005

Jeudi soir je vais voir Myassa

Myassa_1 Demain soir, je vais voir le groupe Myassa, à la scène Bastille, à partir de 20h

Myassa, c'est un des groupes phares de la plateforme de musique Jamendo, invité régulier du top 3, parmis plusieurs centaines d'artistes. Ils ont ouvert un compte Paypal sur leur site, afin de permettre les dons des amateurs éclairés, en échange du don de leur musique... Ils ont promis de remercier leurs "mécènes", dont votre serviteur fait partie, en inscrivant le nom des co-producteurs bénévoles sur la pochette du CD.

Le groupe joue un rock original, généreux, mélangeant parfois trompette et Digiridou (ça s'écrit comme ça?). Leur nouvel album sort ce jeudi, et ils seront à cette occasion en concert à à La Scène Bastille (avec les groupes TeHO et Madamaris), 2 bis rue des Taillandiers 75011 Paris, à partir de 10€. Ca coute 10euros, sur place, pas de pré-vente. Fred, On viendra à 3 !

29/09/2005

Aujourd'hui, la musique comme dans le temps

MozartEt si les nouvelles technologies de diffusion de la musique nous faisaient revenir quelques siècles auparavant? Explication :

Avant les premiers outils d'enregistrement de contenu audio (on dira que cette fontionnalité a vraiment débuté avec le gramophone et le phonographe fin 19eme), comment écoutait-on la musique? on se rendait sur le lieu même de sa production, à savoir au concert, au spectacle, à la représentation. Il n'y avait de musique que "live", "en direct", "vivante". Ecouter de la musique revenait toujours à assister à un spectacle, UNIQUE. Aucune représentation n'était exactement pareil à une autre, à chaque fois le caractère vivant du spectacle rendait la prestation irremplaçable.


La valeur de la musique était donc complétée par le sentiment d'assister à quelque chose d'unique.
Avec les nouvelles technologies telles que le haut débit, certains portails internet (ou bientôt certains opérateurs mobiles) proposent de visionner des concerts en direct. Le groupe AIR, le FAI AOL et le label Virgin Music ont notamment proposé une telle prestation aux abonnés payants AOL. A terme, sans doute aurons-nous la possibilité d'assister à n'importe quel concert, depuis n'importe quel endroit: au lieu d'écouter un CD standart, peut-être pourrons-nous nous connecter en direct au serveur d'un artiste et le visionner en plein spectacle : cette unicité de la prestation "quasi à la demande" nous offrira une expérience musicale aussi riche que d'antan. A mon avis, les nouvelles technologies vont nous permettre d'accéder de manière unique à l'univers musical de l'artiste: relation one-to-one, discussion "de un vers plusieurs", prestations interpersonnelles "de masse". Un retour aux sources, rendu possible à grande échelle par les nouvelles technologies.

Cette tendance ne s'exprime-t-elle pas déjà de nos jours chez les plus jeunes, qui font de plus en plus l'arbitrage entre CD (impersonnel) et concert (interpersonnel). Des études approfondies pourraient montrer que l'argent qui n'est plus dépensée pour découvrir l'artiste (CD remplacé par le téléchargement gratuit sur les réseaux P2P, ou licence libre "creative commons" autorisant le téléchargement gratuit), est volontairement reportée sur les spectacles vivants chez les personnes ne pouvant s'offrir les deux à la fois. Une étude sur l'affluence des festivals d'année en année, et sur leur nombre grandissant, serait un bon indicateur.

25/09/2005

Petit point d'avancement sur mon livre V2.0

Couverture_the_entertainment_industry_isJe fais un petit point sur le chemin parcouru depuis la rédaction du mémoire de recherche en mars 2004

Au début, le livre "The Entertainment industry is cracked, Here is the Patch!" a été mon mémoire de fin d'étude, rédigé en anglais début 2004. Je l'ai soutenu à l'oral à HEC en juin 2004, et il a eu un petit succès. J'ai alors cherché un éditeur anglais (Cambridge University Press etc...), sans succès car manquant de références (pas facile à 24 ans d'être blindé de références...). Du coup j'ai tenté un éditeur français réputé plus accessible : publibook, qui a tout de suite accepté le projet en anglais. Le problème est que le livre n'est disponible que sur fnac.com et amazon.fr, donc pas en librairie "physique" et pas chez les libraires anglais, donc tirage super limité.

Petit soutien inattendu: entre temps, je remporte le "Prix de la fondation HEC du meilleur mémoire de recherche élève 2004", parmi les 400 élèves de la promo en septembre 2004. Le prix arrive à temps pour être mentionné sur la couverture du livre, qui sortira fin octobre 2004. Sa sortie fait un peu de bruit à son échelle, et l'interview dans le journal du net en février 2005 se termine par l'annonce d'une Version Française réclamée par certains lecteurs. Avec 8 amis bilingues, dont Guillaume Champeau de ratiatum, on se lance dans une traduction quasi littérale, avec des mises à jour importantes. Je contacte en même temps un éditeur plus réputé, Village Mondial, qui souhaite recevoir la traduction dès qu'elle sera fini, pour en juger la qualité. je l'envoie fin mai 2005.

Le titre provisoire était "Peer to Peer et Co-création de valeur". Mais le livre est trop proche du format "mémoire de recherche" (normal...) pour à mon avis toucher un public large et plus néophyte. Je me résouds donc à reprendre tout le plan et tout le contenu, pour transformer un ouvrage pointu en véritable didactitiel de la co-création de valeur. Ce blog, et vous lecteurs, me permettez de développer mes idées, m'obligez à être régulier dans mes contributions, et corrigez mes approximations. Depuis mi-août, mon nouveau plan est prêt, et j'ai déjà rédigé un quart du nouveau livre, en moins d'un mois. En outre, j'ai non plus 1, mais 3 contacts d'éditeurs potentiellement intéressés... Motivant, je bosse dessus tous les week-ends, normal... J'espère boucler le manuscrit pour mi-novembre, sortie du livre début 2006 (idéalement...).

Ne vous inquiétez pas, j'irai au bout dans tous les cas, je l'ai dit, donc je le ferai. Sans doute est-ce plus long et plus difficile que je ne l'imaginais, mais ça vaut le coup d'attendre et de le peaufiner. Mon livre 2.0 sera au moins à la hauteur de l'original. Et en français, à grand tirage, prêt à bousculer la filière musicale !

Bon week-end,

Alban

22/09/2005

Demain, le lecteur MP3 à 1€?

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Yahoo! opérateur de téléphonie mobile, ça vous parle?

D’une part l'annonce d’'iTunes sur le nouveau Nokia ROKR vient renforcer une tendance de fond, la diversification des téléphones mobiles vers la fonction de lecteurs MP3. D’autre part, lorsque internet par les ondes wifi ou wimax sera généralisé, il y a fort à parier que des logiciels embarqués de type skype permettront de téléphoner gratuitement via internet en situation de mobilité. La voix sur téléphone mobile ne sera alors plus un élément monétarisable directement.

Et si demain, c’était Yahoo ! qui devenait opérateur de téléphonie mobile ? Imaginez Yahoo ! vous proposant des services de téléphonie mobile gratuite utilisant sa future technologie de Voix sur IP ? Une condition : vous souscrivez à son offre Yahoo Music avec des forfaits de 10 ou 20€ par mois. Suivant la formule, vous avez alors un accès illimité à tous les catalogues des plus grands labels. En outre, vous accédez à du contenu exclusif, cours de guitares, enregistrements studios, essais, compositions, concerts, confessions, tchat, ou messages vocaux personnalisés. Pour 30€ par mois avec deux ans d’engagement, Yahoo ! vous offre le baladeur musical vidéo à 1€ ! Vous vous dites que dans deux ans, vous aurez alors what mille points de fidélité pour en changer gratuitement !

21/09/2005

UNITY, la musique

1 Le titre parle de lui-même, composé par des artistes dont Ignazio Lo Faro, l'agitateur d'idées à l'origine du très bon Bee and Flower.

Le morceaux s'écoute ici  : http://www.bnflower.com/Bnflower_Unity_ Mix1.mp3 (copier/coller dans votre barre d'adresse de navigateur, et le morceau démarre tout seul). Au delà du morceau et des paroles, l'idée de UNITY est de fédérer et soutenir les initiatives qui florissent autour d'une nouvelle "expérience" de la musique et de l'univers musical propre à chaque artiste.

La musique est un aussi un bon vecteur d'idées...

14/09/2005

Deux places à gagner pour le Jamendolive

Jamendolivetour Au cas où certains d'entre vous seraient passés à côté de l'information, Jamendo (la plateforme de musique libre qui monte, qui monte...) organise ce vendredi 16 septembre un grand concert de musique libre avec les groupes Myassa, Anabase* et Both.

Ce premier volet du Jamendo Live Tour (qui devrait aussi tourner, entre autres, à Nantes, Toulouse, Lyon, Nancy, Strasbourg et Luxembourg), aura lieu à la Maroquinerie, 23 rue boyer, 75020 Paris (Métro Ménilmontant), de 19H à 23H.

Tous les renseignements pratiques sur live.jamendo.com.

Pensez à apporter vos clés USB. Vous pourrez repartir avec l'intégralité du concert dans votre poche, avec le droit de le diffuser autour de vous sans aucune restriction !
Ayant moi-même l'intention d'y aller, j'avais acheté deux préventes. Mais en fait, là, ça se voit pas, mais je blog depuis la Jordanie, en mission pour ma boîte... Donc j'offre ces deux places à la première personne qui commentera cette note !!!!!! (merci de bien indiquer votre email, si ça ne vous intéresse pas, dites le dans le commentaire)

13/09/2005

Musique : Une stratégie de lancements décalés

Emi2La stratégie des labels les plus importants évolue vers le lancement décalé de singles ou d'album suivant le support. Simple argument économique et/ou moyen de faire face à l'hétérogénéité des besoins expériences musicales?

J'évoquais dans un précédent post la sortie du dernier single de Johnny Hallyday (chez Universal) d'abord sur mobile sous forme de sonneries, avec deux mois d'avance sur la sortie CD. D'un point de vue strictement économique, cette initiative parait logique car la qualité dégradée du morceau au format court de sonnerie (et donc la propension à l'acheter) est compensée par le caractère exclusif de posséder le morceau avant les autres. Cet argument est à demi valable, car beaucoup de sonneries se vendent en ce moment même sans être des "exclusivités"... mais disons que la sortie anticipée sur mobile peut continuer à renforcer l'intérêt pour ce type de produits et le désir de payer 2€ pour l'avoir.

Autre initiative intéressante, et révélant à mon avis une véritable tendance de fond, est la mise à disposition (notamment par EMI) de morceaux sur les plateformes de téléchargement ou chez les opérateurs mobiles, non plus au moment de la sortie officielle du CD, mais au moment du premier passage à la radio ou la première diffusion dans les médias: Ce fut le cas pour les nouveaux titres de Cali ("Qui se soucie de moi") ou de Depêche mode ("Precious").

Ainsi les plateformes de téléchargement trouvent une nouvelle valeur par rapport au P2P en proposant les MP3s avant leur rippage et leur mise à disposition sur les réseaux de P2P. Cette stratégie montre qu'EMI a intégré la logique du P2P qui veut que pour qu'un morceau s'échange au format MP3, il faut au préalable qu'il soit sorti sur CD, puis que quelqu'un le rip. Ainsi en retardant la sortie du CD et proposant les morceaux en exclusivité en téléchargement payant, on passe d'une attitude passive face au P2P, à une attitude pro-active: les labels devancent dans une certaine mesure la mise à disposition gartuite, et augmentent la propension à payer pour un MP3 qui devient exclusif car introuvable gratuitement sur les réseaux de P2P, du moins durant un "laps" de temps de plus en plus court.

Dans le même ordre d'idée, on peut imaginer la sortie d'un album au format CD traditionnel, puis quelques semaines plus tard en DVD audio avec des bonus, un making off, et une qualité dolby 5.1. Pas sûr que tous les fans achèteront les deux produits (et que les éditeurs fassent deux fois plus de ventes), mais ce n'est pas tant la question à mes yeux. Pour moi, en jeu est la capacité pour le fan à se construire une expérience musicale sur mesure, et à pouvoir s'impliquer dans l'univers de l'artiste à sa vitesse, à sa manière, grâce à une large gamme de supports et de contenus à disposition.

20/07/2005

Forum-concert : venez avec vos clés USB!

Logo_godon_1 Un concert + un échange sur la musique-libre, deux bonnes raisons d'aller le 13 aout en corrèze (19)

Les associations «Pourquoi Pas» et «les Créateurs» organisent pour la deuxième édition un Forum Concert sur le thème cette année de la musique en libre diffusion. Godon partagera son expérience de mise à disposition de sa musique sous licence creative commons (35 000 téléchargements libres et gratuits de ses morceaux, and counting...). Voici le programme détaillé :

FORUM de 15h à 18h, entrée libre

Stand AIDES limousin prévention SIDA et nombreuses associations d'Ussel présentant leurs actions

WORKSHOP de 16h30 à 18h, entrée libre

Alternatives libres en musique; Conférence sur les licences Creative Commons; Présentation des plateformes de téléchargement libre et légal; Débat sur les nouveaux modes de diffusion à l'ère du numérique

CONCERT à partir de 19h, entrée 3 euros

LE CHEMIN DES CHEVRES (chanson française festive)

ROOTS ARMONIK (reggae)

GODON (rock libre)

A l'issu des concerts, venez avec vos clés USB, et vous repartirez direct avec l'enregistrement du concert ! Bravo pour l'initiative. Tous les détails ici: Download Dossier_ussel_05.doc

03/07/2005

la musique appelle la musique

Une remarque très intéressante de mon ami Benjamin Labarthe-Piol, auteur d'un super travail sur la musique en ligne, dont je vous parlerai prochainement (une fois sa thèse soutenue en fait...):

Il cite Becker et Stigler, en expliquant que la demande de musique est un processus cumulatif: elle a tendance à croitre avec les consommations antérieures, produisant ainsi des phénomènes proches de l'addiction. Par exemple le mélomane est un individu qui passe son temps à écouter de la bonne musique, et plus il entend de la musique qu'il juge bonne (qui correspond à ses goûts), plus il a envie d'en entendre d'autres: la bonne nouvelle est qu'avec le P2P et les outils de recommandation, on a plus de chances de devenir mélomane (de trouver facilement la musique que l'on aime au point d'être accroc), et donc de vouloir en "consommer" plus.

Avec le P2P et son immense choix, plus de personnes trouvent et écoutent ce qu'elles considérent de la bonne musique pour leurs oreilles, et donc deviennent accroc à la musique. A la filière musicale de trouver comment se rémunérer ensuite, pourquoi pas en proposant d'approfondir personnellement l'expérience avec un univers musical.  Si je deviens accroc à un style ou un artiste, se produit alors une gradation: après le MP3, je veux le live en DVD, les places de concert qui vont bien, voire la rencontre avec l'artiste. La qualité de l'expérience musicale devient de plus en plus riche, à mesure que croit "l'addiction". Le MP3 et le P2P sont le premier maillon d'un cercle vertueux pour tous le monde.

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