Pour ceux, qui, comme moi, ne sont pas au Midem, voici ce qu'on peut lire sur le blog de Jacques Attali (merci à phil pour l'info)
*Au Midem, où j’étais venu débattre avec Chris Anderson, patron de Wired, le magasine culte des nouvelles technologies américaines, nous tombons d’accord, devant des patrons de majors peu convaincus, pour prédire la généralisation de la gratuité dans la musique, son financement par la publicité, (selon le vieux modèle de la radio), par les producteurs d’objets nomades distribuant la musique et par les concerts.
Nous trouvons comme un malin plaisir à expliquer pourquoi les majors n’ont pas vu venir ce qui était
l’évidence et pourquoi ils s’obstinent à vouloir vendre ce qui est désormais gratuit. Ayant exposé ma vision du retour au spectacle vivant, (en attendant la vague à venir, qui verra se développer le marché des instruments de musique) , j’explique pourquoi à mon sens, on verra même
se créer des firmes qui vendront du temps à passer avec les artistes , non seulement des places de concerts, mais aussi le droit d’assister à une répétition, d’entendre une chanson chantée pour soi, de déjeuner ou de diner avec une personne connue. *
***Alors que je quittais une salle sceptique, un jeune homme souriant me tend sa carte de visite: Brian Camelio, président de ArtistShare, start up newyorkaise , qui fait exactement ca, depuis peu, avec un succès certain...*
Encore mieux, ce très bon résumé, lu sur news.fr de la conférence de J Attali et C. Anderson. Le titre de l'article est "MIDEM: recherche nouveaux modèles économiques désespéremment" :
(...) Deux des points de vue les plus enrichissants sont venus d'observateurs extérieurs. Lors d'une des conférences en anglais, Jacques Attali a développé une thèse iconoclaste à l'heure où l'industrie fustige les échanges gratuits de musique via les réseaux P2P (d'ordinateur à ordinateur).
Pour l'ancien conseiller de François Mitterrand, aucun retour en arrière n'est possible: la musique est appelée à devenir gratuite.
"Un contenu gratuit ne veut pas dire qu'il n'y a pas de modèle économique: les revenus viendront des concerts, de la publicité, de l'équipement" électronique, a prédit le Français, qui aborde ces questions dans son dernier livre, "Une brève histoire de l'avenir".
Le rédacteur en chef de la revue américaine Wired, Chris Anderson, a défendu sa théorie de la "longue traîne" ("long tail"). Selon lui, la dématérialisation de la musique va mettre à bas la notion de top 50. Sans les contraintes liées à la vente physique et grâce à la variété de l'offre disponible en ligne, des morceaux anciens et plus obscurs peuvent devenir aussi rentables que les "tubes" actuels.
"On va basculer d'un système avec peu de morceaux qui se vendent beaucoup à un autre avec des +hits+ qui, séparément, se vendront moins, mais seront plus nombreux", a-t-il dit.
Le succès des sites communautaires type MySpace ou YouTube a dicté le mot d'ordre du Midemnet, intitulé cette année "Le pouvoir au consommateur". Au-delà du simple téléchargement de musique sur les plateformes, l'industrie s'intéresse aux modèles du "Web 2.0" qui impliquent davantage le consommateur et le font passer de spectateur à acteur.
L'Américain Brian Camelio a présenté le site ArtistShare, qui fonctionne sur le principe du mécénat. Le public finance la musique d'un artiste qu'il apprécie, musique disponible uniquement sur internet.
"L'artiste de jazz Maria Schneider est ainsi devenue en 2004 la première musicienne à recevoir un Grammy Award pour un album qui n'était pas disponible en magasin", s'est-il félicité.
La radio en ligne Last.fm, créée à Londres, fonctionne sur le modèle communautaire. Les morceaux qu'écoute l'utilisateur sont recensés pour circonscrire ses goûts. Cela permet ensuite de lui conseiller d'autres musiques susceptibles de lui plaire, qu'il peut partager avec d'autres internautes. Last.fm revendique une base de données de 65 millions de titres.
Enfin, Reuben Steiger, responsable de l'agence de communication Millions of Us, a évoqué l'opération de promotion, dans le monde virtuel du site Second Life, d'artistes bien réels, Regina Spektor et Talib Kweli. Une démarche digne de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick mais qui préfigure peut-être l'avenir de l'industrie musicale


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