6 posts categorized "creative commons"

29/07/2006

podcast de Chryde

ChrydemovLe 22 Juillet, Chryde de la blogotheque était podcasté chez Loic Le Meur, ça dure 45 minute (je l'ai écouté deux fois en entier, tellement j'ai aprécié), et c'est plein d'enseignements. Voici les principaux éléments à retenir :

Chryde est donc revenu sur son expérience d'audioblogger, et les contacts qu'il noue avec les maisons de disque. Il nous apprend que EMI lance beaucoup d'initiatives sur le sujet des communautés, avec la recherche de "community manager" et les concerts à emporter. Cela fait écho à l'interview de Rupert Murdoch (PDG de Fox qui a racheté myspace) qui explique que myspace est un "média" à part entière, et que les maisons de disque (indé ou majors) contactent quasi systématiquement les artistes qui ont les plus grosses statistiques de streaming de leurs morceaux sur myspace (et la meilleure note également). On le savait déjà, mais là, c'est le PDG de Fox qui le dit...

Pour en revenir à Chryde, il cite bcp de groupes qui ont marché grâce au net (buzz, communauté, audioblog), exemple :

http://www.clapyourhandssayyeah.com
http://www.myspace.com/lilymusic
http://www.arcadefire.com
http://myspace.com/therapture
+ les fiery  furnaces
+ The spinto band
+ Beirut
Je rajoute Artic Monkeys et El Koala, et hawthorne height, et Sandy thom

En parallèle, Chryde évoque plein de MP3 blogs, qui sont de vrais dénicheurs de talents, et lanceurs de tendance... :
 
http://gorillavsbear.net/
http://www.saidthegramophone.com/
http://www.youaintnopicasso.com/
http://www.stereogum.com/
http://www.brooklynvegan.com/
http://www.pop77.com/blog/
+ en France, je ne jure que par le Jam de Dav :)

Voilà un peu d'information donc sur ce qui s'invente dans l'ecosystème de la musique en ligne: de véritables réseaux spontanés de découverte de talents s'organisent, à partir de la masse de contenus autoproduits disponibles sur la toile. Le vide un peu laissé par les acteurs institutionnels dans ce domaine là (défrichage, découverte), se comble de manière spontanée...

Merci à Bastien pour une partie des liens.

29/06/2006

Les Bubblies, Residents, Elisa Tovati et les autres

Qu'est ce qui se passe en ce moment dans le domaine de l'innovation musicale, hein? c'est la question du matin :

-L'artiste Elisa Tovati (Mercury/Universal) est disponible en bluetooth (ou plutôt ses vidéos), opération de marketing ciblé géolocalisé via les bornes bluetooth installées au Zénith le 6 juillet (signé mobilevent)

-Vu sur Ratiatum, Warner lance un double CD vierge avec pochette, avec un code d'accès à l'intérieur permettant d'accéder à du contenu exclusif en ligne du groupe Residents, à graver ensuite sur les 2 CDs vierges (Do Your Own Compile)

-Chez P. Astor, on apprend qu'il existe un agrégateur de contenus de centaines de sites musicaux, appelé Hype Machine. Il analyse les noms d'artistes les plus postés/blogués ou cités, et fournit un top 10 (ou comment déceler les tendances en écoutant les prescripteurs de goûts musicaux)

- Chez Florent, on apprend que le groupe toulousain Les Bubblies vendra son prochain album sur clé USB !

- On attend l'ouverture du site monkiosque.fr pour le 30 juin, et qui devrait permettre de "consulter certains de nos magazines en version numérique enrichis de contenus sonores et vidéos et découvrir en grandeur nature notre presse de loisirs". La plateforme/moteur de recherche musicme est partenaire du site pour fournir les liens musicaux sortant des magazines en ligne.

- ET ENFIN, LANCEMENT DE KEOPZ, nouvelle plateforme de musique libre et indépendante. Zik2zik explique que : "Kéopz est une plate-forme de la musique libre et du téléchargement gratuit afin de promouvoir les artistes qui ont librement choisi de diffuser leur musique en respectant les licences de diffusion Creative Commons, qui leur permettent de conserver leurs droits d'auteurs sur leurs oeuvres, tout en autorisant les internautes à les écouter, les télécharger et les copier. A la différence des autres sites de musique en ligne déjà existants, Kéopz a choisi de se démarquer en proposant le meilleur de la musique libre à travers une sélection pertinente et de qualité."

"Très attendu, la version 3 (v.3) de Kéopz apportera une évolution non négligeable, voire une révolution, qui est le téléchargement gratuit et légal, tout en rémunérant les artistes avec les revenus publicitaires générés par le site."

Keopz

30/01/2006

Un court métrage "all you can remix"

Ssq_purple Une initiative dans le domaine du cinéma a retenu mon attention ce week-end, une réalisatrice "industrialise" le remix !

Le court métrage s'appelle Sanctuary, c'est de la science fiction, et la réalisatrice Michela Ledwidge a obtenu des financements de diverses sources pour produire cette initiative originale. Originale, car Michela souhaite que son film soit plus que regardable, elle veut qu'il soit remixable. Dès lors, elle a mis en ligne sur la platefome modfilms.com plus de 9 heures de rush, 90 minutes d'effets sonores et de dialogues, des centaines de scénarios, de dessins, de maquettes, et de photos ( a priori sous licence creative commons). N'importe qui peut accéder à ces éléments via un logiciel de téléchargement spécifique appelé "switch" (source Wired, numéro de janv 06).

Michela explique ainsi que nombreux sont les réalisateurs mécontents du résultat final de leurs oeuvres, figées une fois pour toute: dès lors, pourquoi ne pas laisser l'oeuvre "ouverte", "vivante", et perfectionnable par les cinéphiles?

Michela compare son initiative aux jeux vidéos, où certains joueurs surdoués créent du nouveau à partir du vieux (exemple, Half life et le mod counter strike). Mais surtout "Michela wants film sampling to become as common as music sampling, offering audiences a new way of having fun and being entertained by film." C'est-à-dire qu'elle ne propose/vend pas uniquement une oeuvre, elle propose la participation dans un processus créatif, une immersion dans un univers, une irruption dans la chaîne de valeur...

01/12/2005

"Amateurs", ou juste "Pas encore Professionels" partie III

Atrap02lacrymosacopyleftVoici donc pour clore ce cycle, l'interview de STF-Lacrymosa_Industry, porteur d'un projet coopératif très abouti. Bien que diffusé librement, The Urban Tale représentera une nouvelle valeur, plus que symbolique. STF-Lacrymosa_Industry nous évoquera des pistes de réflexion pour valoriser son oeuvre, autrement que par une transaction classique. Enjoy.


Alban : Bonjour Stéphane. Pourrais-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas (encore)?

 

Stéphane: Alors, salut Alban, moi, c’est Stéphane Drouot, je suis beaucoup plus connu sous le pseudo STF – Lacrymosa Industry. J’ai 24 ans et depuis maintenant plus de 2 ans et demi je développe pas mal de films d’animation 3D, de musique et je participe à l’essor de la communauté copyleft attitude. Mon but étant de devenir infographiste, je me suis dit qu’il serait judicieux que le travail de mon autoformation soit utile à une cause.

 

Alban : STF- Lacrymosa Industry”, est-ce que tu pourrais nous dire d’où ça vient?

 

Stéphane : Alors, c’est un pseudo très ancien qui remonte à ma première année de Lycée. A l’époque, j’étais jeune et triste, je venais de découvrir la musique classique et l’oeuvre magistrale du Requiem de Mozart. Lacrymosa Industry, c’est l’industrie larmoyante, la transformation de l’énergie de la tristesse en quelque chose d’autre (Musique, programme, vidéo...)

 

 Alban: Tu es très actif sur le consortium des artistes libres , pourrais-tu nous expliquer ce que c’est et comment ça marche?

 

Stéphane: Il s’agit d’un espace de création libre, individuelle, et commune au sein de la copyleft attitude. Orientée autour d’un forum, le consortium est également une plateforme d’aide à la création; N’importe qui peut venir y chercher des conseils, du soutien ou des informations. Des artistes ayant fait le choix de la licence art libre (ou LAL) sont là pour mettre à disposition leur capacité créatrice dans des domaines comme la musique, l’écriture, la vidéo, la photographie, ou bien des aspects plus techniques comme la création 3D, le graphisme ou l’encodage. Le consortium peut également, dans certains cas, aider des personnes dont les oeuvres finales n’auront pas forcément vocation à être diffusée sous la LAL.

 

Alban: petit rappel sur la LAL (licence Art Libre)…?

 

Stéphane: La Licence Art Libre, c’est une licence (un contrat en quelque sorte) qui vient s’ajouter au droit d’auteur et qui permet à l’artiste (au sens large) le désirant de permettre légalement la copie, la diffusion et la modification de son œuvre. La seule contrainte étant que l’oeuvre dérivée soit sous LAL. C’est la licence GNU/GPL appliquable à tout, y compris au logiciel.

 

Alban : Tu fais donc partie des bénévoles de la création si j’ai bien compris, offrant ton temps et tes services “gratuitement” ?

 

Stéphane: Effectivement, cela dit, dans le monde de Copyleft, on ne dit pas gratuitement mais gracieusement. Je passe facilement 15 heures par semaine sur le consortium à travailler sur divers projets LAL qui ne sont pas les miens. En ce moment, le projet personnel qui me consumme près de 60H par semaine s’appelle “The Urban Tale” [Site en construction http://theurbantale.no-ip.org]. Débuté en Octobre 2004, ce projet aura la forme d’un DVD autour de la communauté des artistes libres. Il regroupera un film en 3D, des entretiens avec des personnalités majeures de l’art libre comme L.L de Mars, A. Moreau (initiateur de la LAL) ou encore Ehma de culturelibre.net. A ceci se rajoutera deux making off, des court-métrages, et bien sûr la bande originale du film déjà disponible sur Jamendo sous le titre “The Urban Tale”. Nous espérons boucler le DVD pour février 2006.

 

Alban: Combien d’artistes en tout auront collaboré au projet?

 

Stéphane: hum…bonne question, il faut dire que seule la partie musicale fut une collaboration avec Realaze, Phoebus, No-Sushi, Delgarma, Marcel de la Jartèle, Silence et Lonah. Le reste du film est une réalisation personnelle, pour laquelle j’ai emprunté des illustrations ou photos sur les sites d’artistes libres, avec leur consentement, bien entendu. En tout, les oeuvres de près d’une dizaines d’artistes libres seront disséminées dans le film.

 

Alban : A mes yeux, là est une des principales forces motrices de l’art libre: encourager et offrir une structure collaborative, qui permet d’arriver à des oeuvres aussi abouties techniquement et artistiquement que des projets encadrés dans une structure économique, mais avec une collaboration entre “employés” bridée. Une dualité un peu à la wikipedia Versus l’encyclopédie Britannica?

 

Stéphane: Oui, tout à fait, différence faite que la collaboration entre Artistes libres à généralement pour but l’enrichissement reciproque plus que la réalisation d’un projet. Le projet est plus un prétexte la majeure partie du temps.

 

Alban: Vu la qualité de tes oeuvres “amateures” (ndlr: voir la définition ici), qui dépassent facilement celles de professionnels, on peut se demander si au final tu es à ta place… Proposer tes oeuvres librement sous LAL, ne signifie pas qu’elles n’ont pas de valeur économique, au contraire. Tu pourrais gagner de l’argent avec et devenir un “professionel”?

 

Stéphane: Au delà du débat sur l’art pour l’art, et le fait de créer de manière désintéressée, se dresse la question de la compatibilité de mes initiatives avec le monde économique. Faire du libre ou de l’open-source pourrait s’accompagner d’une rémunération. Par exemple vendre des publicités “libres” à des annonceurs serait un moyen de décupler le message à faire passer: n’importe qui pourrait s’approprier et diffuser la publicité (pour peu qu’elle soit sexy) sans problème de droit d’auteur: n’est-ce pas le but recherché par toute campagne de communication, obtenir le maximum d’exposition? Ou bien pourquoi ne pas envisager une version payante du consortium? Faire payer le soutien créatif de la communauté copyleft, surtout si les oeuvres seront utilisées par la suite dans des projets commerciaux comme des clips vidéos ou des DVD?

 

Alban : et pour The Urban Tale sous licence LAL (donc téléchargeable librement), pourras-tu en tirer un profit autre qu’honorifique?

 

Stéphane: Le DVD pourra sûrement être commandé et acheté via un système Paypal sur mon site internet, et ceux malgré le fait que son contenu soit mis en même temps à disposition librement. Le DVD proposera une nouvelle valeur: il réunira sur un même support tous les éléments et contenus qui autrement doivent être téléchargés séparement, formant un univers à part entière. Deux making-off bonus seront disponibles uniquement sur le DVD. Enfin il proposera la plupart des outils utilisés pour réaliser le film.

 

Alban: Enfin et surtout, je pense que ce DVD sera ta meilleure carte de visite et ton meilleur CV pour décrocher un job dans le domaine de l’animation: preuve que ton oeuvre “amateure” est de qualité “professionnelle”, car elle va te permettre, j’en suis sûr, de te faire embaucher. La boucle sera bouclée. Merci Stéphane pour ton temps et ta disponibilité.

27/11/2005

"Amateurs", ou juste "Pas encore Professionels" Partie I

Lawrence_lessig_1Comme prévu, voici la première partie d'un cycle en trois phase, qui se terminera par une petite interview surprise. [Extrait de mon futur probable livre à paraître sans doute]

Le principal but des entreprises souhaitant co-créer de la valeur se résume à la mise en place d’une organisation permettant de « professionnaliser l’amateurisme ». Il faut entendre par là pour une entreprise de co-opter l’énergie et la richesse créative du public, des fans ou des joueurs, non valorisée aujourd’hui. Car aujourd’hui seuls les employés voient leur travail valorisé par l'entreprise, alors que certains clients mériteraient de gagner bien plus qu’eux ! Le caractère « amateur » n’est donc pas fondé sur la qualité de l’œuvre, car nombreuses sont celles qui surpassent des créations « professionnelles ». Il est fondé sur la dualité entre d’un côté les employés créateurs de valeur (les pro) et les clients (les amateurs), que l’on considère à tort en bout de chaîne. Pour moi, il n’y a pas d’amateurs à proprement parlé, mais plutôt des créateurs qui ne sont pas encore professionnels.

 

Donc pour « professionaliser l’amateurisme », le droit d’auteur doit être revu. En effet, il instaure une barrière infranchissable entre acteurs et récepteurs, institutionnels et simples individus. Un nouvel équilibre réglementaire est à trouver, pour capter toute la valeur actuellement en dehors du système actuel. Pour Lawrence Lessig, «Trop souvent, le débat sur le contrôle de la création oppose les extrêmes. D’un côté, on a une vision de contrôle total – un monde dans lequel la réglementation du moindre usage d’un travail et la formule ‘tous droits réservés’ est la norme. De l’autre côté, une vision de l’anarchie – un monde dans lequel les créateurs jouissent d’un large spectre de libertés mais sont vulnérables à l’exploitation. L’équilibre, le compromis et la modération – qui furent les forces motrices d’un système de droit d’auteur qui valorisait l’innovation et la protection de la même façon – sont désormais des espèces en danger ».[1]

 

Certains acteurs de l’industrie du divertissement militent pour un nouvel équilibre dans la gestion des droits. Le rationnel derrière n’est ni communiste, ni anarchique. Il est réellement financier. Ainsi le réalisateur Brian Flemming a-t-il utilisé la licence Creative Commons pour son film Nothing so Strange, basé sur une histoire mettant en scène l’assassinat de Bill Gates. Son final-cut est classiquement couvert par le copyright, mais les extraits et les rushes sont distribués à qui désire remonter sa propre version du film.


Diffusé à l’origine via l’Internet et projeté dans des festivals indépendants, Nothing so strange a été édité en DVD début 2004. Et plusieurs apprentis réalisateurs se sont emparés des rushs pour en proposer leur propre mouture.« Nous entrons dans un nouveau monde numérique où il sera aussi facile pour le consommateur moyen de jouer avec tout film qu’il aura acheté que ça l’est aujourd’hui pour n’importe lequel d’entre nous de jouer avec un texte. Les grandes entreprises de médias dépensent des milliards pour combattre ces évolutions, preuve qu’elles sont clairement effrayées par cet avenir. Mais nous avons choisi de l’étreindre », analyse Brian Flemming.

 

Cette ouverture peut passer, dans un premier temps, par une mise à disposition d’archives, comme la BBC est en train de le faire. Plus de 500 extraits d’émissions sont désormais disponible sur le site bbc.com. En outre la chaîne offre en même temps des logiciels de montage audio et vidéo, afin de favoriser l’appropriation des reportages institutionnels par le public. Enfin elle a crée un droit d’auteur spécifique intitulé « Creative Archive Licence » [2] pour faciliter le partage et la diffusion des nouvelles œuvres réalisées à partir des anciennes. Cette licence définie par l’entreprise permet l’intégration des amateurs dans le modèle économique de la chaîne. La BBC a intitulé cette initiative : « Trouvez ! Copiez ! Mixez ! Diffusez ! »[3]. Les meilleurs contenus sont bien sûrs consultables ensuite sur bbc.com. Jennifer Rigby, productrice exécutive, affirme que cette initiative va permettre à la BBC «  d’évoluer d’un modèle de diffusion vers un modèle participatif (…) Ce qui signifie laisser les personnes être créatives. »

A suivre...

[1] Source : du bon usage de la piraterie, Florent Latrive

[2] Cette licence ressemble beaucoup aux licences creative commons

[3] Source : Ratiatum.com

18/11/2005

Compte rendu sur les Creative Commons

Cc_1_1 Petit compte rendu de la conférence sur la licence libre "creative commons" qui s'est tenue hier soir à la Cité Universitaire. Merci beaucoup à Sébastien K pour ses commentaires et ses notes qui sont retranscrites en grande partie ci-dessous.

D'après Melanie Dulong de Rosnay, le succès des licences Creative Commons en France est relatif. Lancé il y a un an, on dénombre aujourd'hui pas moins de 30 millions d'oeuvres CC dans le monde, dont plus de 500.000 en France. Cependant, comme le note Danièle Bourcier, la difficulté réside dans la propagation de l'esprit de partage et de réutilisation des licences Creative Commons. Il est intéressant de noter que la France est le pays où la licence la plus restrive est utilisée (pas d'utilisation commerciale, "no derivatives"...): elles représentent plus des 3/4 des types de licence creative commons. De plus en plus de blogs commencent à évoluer vers des licences plus permissives, pour que leurs posts puissent être repris, via des fils RSS par exemple, sur des sites "commerciaux".

Avec environ une question par jour, la fréquentation du site CCF est révélatrice d'une volonté, de la part des artistes, de comprendre les rouages des licences, notamment leur intérêt par rapport à la propriété intellectuelle et l'utilisation de la licence. Aussi, des modèles de contrats-type vont voir le jour, déclinés suivant le milieu artistique et les options choisies.

Creative Commons, c'est aussi une structure internationale, qui se structure au fur et à mesure des rencontres qui sont organisées entre les représentations de chaque pays. Depuis un an, il y a déjà eu 5 assemblées internationales (Allemagne, Pays-Bays, EU, Italie, Angleterre, France); la tâche est immense, tant dans la coordination que dans la gestion d'une stratégie commune vis-à-vis des droits d'auteurs, constituant un régime particulier selon le pays.Ce travail de coordination, c'est la nouvelle entité, iCommons, qui en sera chargée au niveau international.

François Déchelle nous a de même présenté le nouveau Wiki de CC, outil collaboratif ouvert à tous dans le partage des connaissances et l'aide spontanée de traduction des documents de référence.
Ont été également présenté les futurs projets de CCFrance:

- le lancement l'an prochain des licences CC v3.0
- la refonte du site CCF, notamment pour faciliter l'agrégation de contenus avec le RSS
- l'aide à la promotion de la communauté, avec plusieurs pistes possibles: webradio, comme le permet le logiciel de P2P PeerCast par exemple
- le recensement des licences CC, notamment pour fournir un générateur dynamique de liens CC et ainsi fournir des statistiques plus avancées sur le nombre de licences attribuées
- et enfin la réalisation d'un CD-ROM contenant des oeuvres Creative Commons (images, musique, textes) est envisagé pour mieux faire connaître les licences

Au delà de ces initiatives, il était évoqué par une grande partie de la salle le souhait de voir Creative Commons se transformer en société de gestion de droits, pour proposer une alternative à la SACEM.

Un des sujets connexes abordé hier soir était la directive EUCD, avec l'amendement "Vivendi", qui, pour faire simple, rendrait illégal tout logiciel non traçable (pour plus d'info, je vous renvoie avec Christophe Espern, le spécialiste de la question). Du coup, un logiciel comme Apache, utilisé par 2/3 des sites internet, deviendrait illégal ! La transposition de cette loi européenne par l'assemblée sera votée le 23 décembre (!), on se demande pas pourquoi....

La France sera le pays européen dont la transposition est la plus restrictive !!!!!! Les allemands par exemple ont obtenu des dispositions permettant le contournement des protections entrevant les droits personnels ! Et bien, pas nous, tel que c'est parti ! Ainsi une entreprise allant à l'encontre de nos droits de copie privée par exemple, ou de liberté de choisir un lecteur multimédia pour lire un contenu, ne pourra pas être réprimée, et nous serons hors la loi si nous contournons ce qu'elle impose !!!!!!!!!!!!!!!!

Dernier point, qui me fait aussi halluciner: le sommet mondial de la société d'information (SMSI), s'est tenu en début de semaine à Tunis. Paula, la représentante de creative commons Canada la directrice de creative commons international, s'y est déplacée car devait intervenir: on lui a refusé son pass (!), elle a raté son intervention, il a fallu qu'elle appelle le boss de wikipedia pour se faire passer pour une wikipedienne et pouvoir avoir un pass (10heures plus tard...). Selon elle, le sommet était "disastrous"...ça laisse perplexe...

Elle expliquait que des hommes armés étaient partout, tout était barricadé, une atmosphère horrible pour la discussion et l'échange...Et si les Etat-Unis avaient peur de perdre le contrôle de l'internet? Ils peuvent du jour au lendemain fermer tous les sites en ".fr" par exemple (merci à Charles pour l'info)! C'est eux également qui attribuent les extensions, comme la fameuse ".xxx" pour les sites porno, refusée par le lobby puritain américain. En tout cas, c'est bien triste que le sommet de Tunis n'ait pas porté ses fruits, c'est surtout ça que je retiens...

Merci aux personnes venues, et rencontrées, qui ont également coloré la soirée: Bituur (on vous prépare une surprise), Guillaume L, AC L., Godon et Johanna, Laurent K, Philippe Aigrain, Guillaume C, Sebastien K, Christophe Espern, Ludovic Penet, Sam l'artiste bien bon esprit, SamProd, et Mélanie bien sûr l'organisatrice ! A bientôt !

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