Le modèle de co-création de valeur est fondé sur un changement de référentiel économique: au lieu de considérer que l'entreprise (comme la maison de disques par exemple) a le monopole de la création de valeur, on considère que les clients, les fans, et le public sont également créateurs de valeur pour les autres et pour l'entreprise/maison de disques.
La FING vient de nous donner l'illustration supplémentaire que le temps de la séparation manichéenne entre entreprise et client est révolu. En effet, la FING développe le concept de "crowdsourcing", après l'outsourcing: un peu comme si une entreprise qui avait un travail à faire se tourne non plus vers ses salariés, mais vers des internautes ou des clients (the crowd, la masse), externes( a priori) au circuit économique et à l'entreprise.
L'exemple suivant se rapporte par exemple au monde de la photographie :
"Jeff Howe raconte comment Claudia Menashe, qui préparait une exposition
photo pour le Musée national de la santé américain, a trouvé son
bonheur dans une place de marché en ligne. iStockphoto,
lui a permis en effet d’exploiter les photos de centaines d’amateurs, à
un dollar pièce, plutôt que celles d’un photographe professionnel, Mark
Harmel, avec lequel elle s’apprêtait à travailler, et qui était
pourtant près à lui faire une ristourne pour participer au projet. “Pour
le photographe professionnel, la leçon d’économie est claire : son
travail n’est plus rare. Avec un ordinateur et une licence de
Photoshop, n’importe quel enthousiaste peut créer des photographies
rivalisant avec celles de professionnels. Ajoutez l’internet et les
puissantes technologies de recherche, et partager ces images avec le
monde entier devient enfantin.”
Dans la même lignée, on peut reprendre le concept de B2P2P2B pour la musique par exemple: vous êtes une entreprise qui doit faire un reportage vidéo, vous allez piocher des fonds musicaux sur les musiblogs, et vous les utiliser à coûts moindre après accord de l'auteur...ou bien il existe des sites comme libre-musique-MP3 qui proposent des lignes de basse, ou des pré-enregistrements mi-amateurs, mi-pro, où piocher moyenant un faible montant...
Sinon, vous êtes une maison de disques, vous diffusez votre morceau sur les réseaux P2P, et vous signez les artistes qui en ont fait le meilleur remix...etc. A mes yeux, le crowdsourcing n'est qu'une illustration supplémentaires, après les Prom-Ams, les Consumer Generated Content, Les médias citoyens, l'ascending innovation etc. du développement de la co-création d'expériences sur-mesure...


Je ne cesse d'être émerveillé par la capacité que nous avons à trouver des noms différents pour le même concept... Pas à dire, les beaux parleurs et le marketing ont encore de beaux jours devant eux :-)
Rédigé par: seber | 03/06/2006 à 11:07
tout à fait d'accord, on perd vite la vue d'ensemble...
Rédigé par: alban | 04/06/2006 à 22:28