Il y a un réel intérêt
à laisser les fans de musique interagir entre eux, dialoguer, échanger leurs
points de vue, et rendre visible leurs goûts.
En effet, une étude
réalisée dans le magazine Science (vol 311, p854), résumée ici, montre que
nos choix musicaux sont sensibles à l’effet de mode ou de masse. D’après
l’université de Columbia, nous aimons d’autant plus une chanson que nous
pensons que d’autres personnes l’aiment.
En effet, les chercheurs
ont pris 14 000 personnes, et leur ont demandé de visiter un site regroupant 48
chansons de groupes peu connus. Ils pouvaient écouter les chansons, leur
attribuer une note, et choisir de les télécharger ou pas. Le groupe de
participants qui avaient accès aux statistiques de téléchargement des chansons de l’autre groupe avaient tendance à mieux
noter les chansons les plus téléchargées, et à également plus les télécharger
eux-mêmes. Cela eu pour conséquence d’entraîner un effet boule de neige,
catapultant quelques chansons au sommet du classement, laissant la plupart des
autres avec des chiffres de téléchargement résiduel.
Le site myspace utilise à plein ce concept, en indiquant
les statistiques d’écoute de chaque morceaux, ainsi qu’en
matérialisant/objectivant la popularité d’un groupe par le nombre d’amis qu’il
possède dans son réseau.
On notera tout de même
que l’étude se conclue brillament par la conclusion suivante : « si [un
groupe] vous n’êtes pas encore sorti du lot, cela ne signifie pas
obligatoirement que votre musique n’est pas de qualité – vous pouvez tout
simplement ne pas avoir eu de chances. Mais l’étude suggère également que si
votre musique est de très bonne qualité, ce n’est pas pour ça que vous aurez du
succès ».


Raisonnement intéressant mais si la raison du succès était d'abord liée à la qualité des oeuvres ? On peut choisir le postulat de la moutonnerie du public, qui aime bêtement ce que la multitude aime, forcément de piètre intérêt. Mais si, par hasard, ce public avait du goût ? S'imposent alors, plus que le reste, la musique ou la littérature qui possèdent une valeur intrinsèque. C'est pour cette raison qu'elles ont du succès. Le maintien à la postérité - pas toujours assuré, je vous l'accorde - peut être la preuve de cette analyse. Il existe des tubes absolus lors de leur sortie, encore écoutés et appréciés, dix, vingt, trente ans après leur mise sur le marché.
Dans ces cas-là, le public avait raison.
Rédigé par: Thierry | 07/03/2006 à 10:35
Réflexion intéressante Thierry, qui est en partie vérifiée par la "théorie":
Voici la suite de l'analyse traduite dans ce post:
"The subjects were divided into eight groups, where they could only see the downloading choices of people in their "world"
Researchers found the same songs did not make it to the top of the charts in every "world".
One song which had the most downloads within one group, was only the 40th most popular out of 48 in another "world".
But when it came to rating the quality of the music, the different groups broadly agreed.
Sociologist Matthew Salganik, who conducted the survey, said the complex findings dispelled the idea that "music executives can create stars at will".
He added that success was not relative to the quality of the music."
Donc oui, la raison du succès est en partie liée à la qualité des oeuvres, mais pas forcément à court terme on dirait...
Rédigé par: alban | 07/03/2006 à 10:44
Alban,
J'écoute actuellement Artic Monkey ! Acheter par ma copine !
www.u-lik.com est là pour éviter que les gens n'aient pas d'autres outils de recommendation que les most download. L'étude a choisit d'appliquer le modèle des charts (avec des sous groupes d'accord, mais des charts tout de même). Internet permet que n emetteurs parlent à n-recepteurs. C'est justement le peer to peer, ce qui compte c'est de trouver les bonnes personnes à écouter à défaut on écoute la majorité et on sera plus enclin à le faire si on a en plus un sous-groupe.
Mais clairement les charts vont perdre de l'importance.
PS: la postérité c'est aussi un mythe collectif, une valeur partagé avec bien sur une qualité musicale minimum. Les tubs des années 80 ont survécu !
Rédigé par: Raphael | 08/03/2006 à 12:07