On pourrait se demander aujourd’hui si l’humanisation de l’artiste, c’est-à-dire le fait qu’il puisse être beaucoup plus accessible grâce à internet notamment, ne va pas contre l’image de magie ou de « star » qu’il peut transmettre. Sans doute chaque groupe a-t-il son propre style et son image. Mais dans le cas de jeunes artistes en début de carrière, le dialogue avec une communauté forte de fans permet de tisser des liens fidélisant forts. Et il y a fort à parier qu’il s’agira de cette même communauté qui fera d’eux des « stars » et les portera aux nues.
Les groupes déjà connus choisissent des formes de dialogue différents : Les Black Eyes Peas par exemple[1] communiquent-ils avec leurs fans via la plateforme sociale Myspace. Cette dernière permet aux membres du groupe d’annoncer des concerts ou des évènements à leur réseaux « d’amis » : car sur Myspace, il faut être « ami » du groupe pour être alerté des dates et espérer tchater avec eux via la plateforme. A titre indicatif, fin 2005, Black Eyed Peas comptait 115000 « amis », c’est-à-dire une véritable industrialisation de l’effet de communauté. Le groupe a obtenu, grâce à myspace, son record de vente lors de la première semaine de commercialisation de son nouvel album.
D’autres groupes comme Hawthorne Heights aux Etats-Unis passent parfois 4 à 5 heures par jour sur Myspace pour intérargir avec leur futur public. Bucciarelli, batteur du groupe, explique les fans adorent ça :
« Ils [les fans] ne peuvent
pas croire qu’ils obtiennent une réponse. Du coup vous gagnez un fan à
vie »[2]
Et ça paie car ils ont vendu 500 000 exemplaires de leur album « The silence in Black and White » sans être signé par une grosse maison de disque, et en passant rarement à la radio : ils expliquent que leur promotion s’est faite au travers de leur réseau de 20 000 « amis » et de 200 000 membres du fan club sur myspace, auquel ils peuvent envoyer des mails quand ils veulent.
Dans le cinéma également, internet permet de cibler plus facilement les spectateurs et de dialoguer avec des communautés d’amateurs avertis : Il contribue à améliorer l’expérience des fans en collectant les commentaires et les feedback par exemple. Gordon Paddison[3] a illustré cet aspect en expliquant la contribution des communautés de fans dans le succès du Seigneur des Anneaux :
« Il aurait été arrogant de dire,
Le Seigneur des Anneaux, c’est nous, venez à nous ».
Bien au contraire, c’est un dialogue véritable et respectueux qui s’est instauré entre l’équipe du film et les fans de Tolkien, avec un lien fort qui s’est répercuté sur les ventes de tickets.



"Le groupe a obtenu, grâce à myspace, son record de vente lors de la première semaine de commercialisation de son nouvel album."
MySpace, c'est très bien mais je crois en l'occurrence que le succès de l'album des Black Eyed Peas tient surtout au fait que leur premier single a été un gros tube, diffusé en masse par les radios.
Quant à Hawthorne Heights, ils sont signés sur un des plus gros labels indépendants américains, Victory Records, ce n'est pas anodin, ils n'ont pas tout fait avec leurs petites mains et ça leur pris une bonne année pour décoller.
Ne remplaçons pas un cliché (un major label) par un autre cliché (MySpace) stp... La cocréation ou la participation/contribution sont des idées intéressantes mais pas de quoi rester béat au point d'ignorer la réalité des situations, forcément plus complexes qu'un concept ou deux.
Par ailleurs, il ya aussi un article intéressant sur MySpace ici : http://www.businessweek.com/magazine/content/05_50/b3963001.htm
Rédigé par: Andre | 10/01/2006 à 00:43