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16/05/2005

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Voici les sites qui parlent de Les Wanadoo Discoveries consacrent un nouveau genre d'artistes :

Commentaires

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Voilà une nouvelle possibilité qui va faire bien des émules

The Flying Monkey Circus

Hmmmm....

Remettons les choses à leur place.
L'autoproduction et l'autopromotion sont des constantes dans les univers artistiques et n'ont pas attendu internet pour exister.
Tu as raison de mettre en avant deux points essentiels toutefois:

- Les technologies numériques ont considérablement abaissé les coûts de production, offrant aux artistes la possibilité de réaliser des enregistrements de qualité dite "définitive" (= produit fini) au seul prix de leur travail et d'un investissement "raisonnable".

- Le net permet de faire abstraction d'un certain nombre de goulots d'étranglements dans la diffusion de l'oeuvre.

Toutefois, cela ne résoud pas le principal problème de l'artiste, à savoir "émerger" dans un monde de multitude aujourd'hui sans cesse croissant.

Prenons l'exemple de Lorie. Dire que celle-ci a émergé grace à Internet est à la fois une vérité et une légende.

Premièrement, Lorie est avant tout le travail d'un producteur. Un industriel-artisan du disque qui a financé l'enregistrement de ses morceaux, a défini son plan marketing etc... Etre sur peoplesound n'était qu'un volet de ce plan marketing, en appui d'une démarche traditionnelle de lobbying auprés des Majors.

Au final, les téléchargements sur peoplesound ont avant tout servi ce producteur pour convaincre Sony du potentiel commercial de sa pouliche. Mais des artistes bien plus souvent téléchargés que Lorie sont restés dans l'ombre. Pourquoi ? Ils n'utilisaient pas Internet à des fins de manipulation dans le cadre d'une négociation commerciale.

C'est en soi une révolution. Internet comme un marché test auquel chaque artiste aurait accés. Mais cette démarche a toujours existé. On se souvient de Brian Epstein (manager des Beatles), qui a consacré ses économies à acheter tous les exemplaires du premier disque des Beatles pour les faire rentrer dans les hit parades.

La période présente offre un certain nombre d'avantages pour certains artistes. En effet, au delà de choix d'engagement personnel et politiques que partagent nombre d'artistes, le fait pour un artiste de se trouver à la pointe dans les nouveaux modèles est une exception suffisante dans le contexte actuel pour se faire connaître: Je consacre plusieurs heures chaque jour à la découverte de nouvelles musiques, pourtant, jamais je n'aurais eu connaissance de Godon ou Myassa si je ne m'intéressais pas aux modèles économiques.

Aujourd'hui, on relève des exemples qui font figure d'exception, et c'est suffisant pour créer une notoriété. Mais qu'en sera-t-il demain ? Quand 10 000 groupes auront la même courageuse démarche ? Comment se faire connaître, comment émerger dans la multitude ?
Faudra-t-il trouver un autre mot-clé dans google pour remplacer "musique libre" ?

Le problème d'intermédiation restera entier. Le rôle des intermédiaires restera central. Dans les "nouveaux modèles", Google et Myspace (entre autres) jouent ce rôle d'intermédiation actuellement dévolu à la trinité producteur-distributeur-média. Ce sont des points d'entrée évidents, bien plus que mon blog, par exemple.
Or, tant Google que Myspace sont achetables. C'est à dire que celui qui a le plus gros budget a plus de chances d'émerger grâce à ces sites. Et ainsi renaîtra le besoin de budgets marketing conséquents...

A l'autre extrémité, le besoin de l'artiste est simplement de trouver son public, qui n'a pas besoin d'être pléthorique. Juste suffisemment nombreux et généreux pour lui procurer de quoi vivre convenablement et continuer son travail sans galères. 5000 personnes qui donnent chacune 10 euros chaque année à un artiste lui permettent exactement celà, par exemple. Ca n'est pas beaucoup, 5000 personnes en regard du formidable potentiel de communication d'internet, qui permet de contacter les quelques 6 milliards d'habitants de notre planète. C'est même pas un Zénith complet. Pourtant, c'est d'ores et déja un travail monstrueux que de provoquer ces 5000 rencontres fructueuses. Se posera la question des moyens.

Car la ressource "rare" dans ces univers n'est ni la musique (dupliquable à l'infini), ni le public. C'est la rencontre entre les deux. Savoir provoquer ces rencontres, celà s'appelle du marketing...La boucle est bouclée...

Thierry,

Ta démonstration est robuste, et il est vrai que le fait que Godon par exemple soit un des premiers artistes français creative commons, l'a aussi aidé à acquérir une plus grande notoriété.

Par contre, il me semble que tu places la confrontation de la musique avec son public comme unique moyen de faire émerger des talents: d'où ta conclusion que le marketing sera toujours clé avec un budget conséquent, d'où la nécessité d'avoir des intermédiaires. C'est vrai en partie. Sauf que de plus en plus d'artistes, grâce à internet, font leur propre pub, ou coopte des communautés de fans pour le faire à leur place, à moindre coût (exemple la GOOM, Godon Organisation Members expliquée sur godon.org)

En outre, on peut (et on va, projet de philaxel auquel je m'associe) imaginer un système où les artistes entre eux reconnaissent et découvrent les futurs talents: imagine des artistes du monde entier qui souscrivent à une mailing list pour recevoir 3 MP3s par jour, qu'ils notent et qui ensuite sont renvoyés à d'autres suivant leur classement et ainsi de suite. Tu obtiens très rapidement un outil non monétarisé et très professionel permettant d'émerger, pour peu qu'une plateforme internet avec une bonne visibilité relaie le classement. Les artistes dans le top10 ont la reconnaissance de leur pair, qui vaut bien plus que tout, et ce à moindre coût, sans intervention marketing (les artistes n'ont pas besoin d'être la cible d'investissements marketing pour qu'on leur montre qui est doué, ils le trouvent par eux-mêmes). Reste ensuite à choisir un moyen de se commercialiser, et utiliser cette reconnaissance, sachant que les artistes du top10 ont acquis dans le process une notoriété auprès de tous les inscrits à la mailing list du monde entier...

C'est un projet pour l'Unesco, on y travaille, on y travaille...

lorie et belle

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